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L’Art D’aimer, D’Erich Fromm – Résumé de livre

Erich Fromm L'art D'aimer

Relation homme femme

L’Art D’aimer, D’Erich Fromm – Résumé de livre

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 L’Art D’aimer, D’Erich Fromm – Résumé de livre
N’avez-vous jamais prononcé ces clichés savoureux ? « C’était pas la bonne ! » ; « Je la reconnaîtrai quand je la verrai ! » ou encore « L’amour ça nous tombe dessus. Il suffit d’attendre la personne qu’il nous faut !».

Eh bien figurez-vous que dans un petit livre intitulé : L’art d’aimer, Erich Fromm, psychanalyste, part de ces phrases toutes faites pour nous montrer que nous sommes captifs d’un état du capitalisme qui nous influence et nous empêche de prendre le risque d’aimer.

 

L’ouvrage est composé de quatre chapitres, fils directeurs de l’exposition dans l’ouvrage « L’art d’aimer » d’Erich Fromm.

Photo de l’auteur au passage ! (Rien à voir avec le couple en illustration de l’article…)

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Nous concernant plutôt que de résumer chacune des parties, nous proposerons une vue des trois axes essentiels son argumentation.

I) Une théorie de l’amour
II) Un état général de l’amour.
III) Une pratique de l’amour

I) Théorie de l’amour.

a) Erreur récurrentes sur nos conceptions de l’amour.

L’auteur souhaite montrer que nous nous trompons en pensant que l’amour « nous tombe dessus », que c’est un sentiment accessible à tous, et par conséquent qu’il est inutile d’y réfléchir.

Ici nous pensons immédiatement à toutes les histoires de princes et princesses et à toutes les comédies romantiques qui nous environnent dans lesquelles le coup de foudre et l’amour sont immédiats, complets et donnés !

Mais pour Fromm ceci constitue une première incompréhension et selon lui l’amour dépend de nous, de notre maturité et par conséquent il nécessite « effort » et « connaissance », il est un « art » à part entière.

Nous pensons, à tort, que le problème de l’amour est d’être aimé plutôt que d’aimer ce qui explique qu’hommes et femmes s’échinent à employer différentes stratégies pour se rendre aimable au lieu de se rendre capable d’amour.

Qui ne fait pas un petit effort quand il sort dans un bar ou en boîte ? Qui ne s’est pas senti obligé d’en rajouter un peu sur un site de rencontre ?

Nous essayons tous de paraître meilleurs, de refléter une belle image de nous-même mais nous ne pensons jamais à ce que nous pouvons apporter à l’autre…

Fromm se penche ensuite sur l’idée suivante : il est facile d’aimer mais il est difficile de trouver la bonne personne, « le bon objet » à aimer.

Notre monde contemporain fondé en parti sur un appétit d’achat nous pousse à regarder autrui comme un objet et nous entraîne à le choisir lorsque nous estimons que ce dernier possède les meilleures qualités disponibles sur le marché compte tenu de notre valeur propre.

Notre désir de rationalité s’empare de tous les domaines de notre vie et nous choisissons autrui comme un téléphone parmi d’autres.

Nous évaluons notre budget, nous scrutons ses caractéristiques par rapport à nos besoins puis nous le comparons et enfin nous l’achetons ou pas.

Pour terminer, la troisième erreur listée par Fromm, consiste en la confusion qui existe entre « Tomber amoureux » et l’état permanent d’être amoureux, c’est-à-dire en en notre incapacité de dépasser l’intensité initiale pour prolonger l’amour.

Soyons honnête, une fois en couple nous pensons que le plus dur est fait, que les difficultés sont derrières nous…Or c’est à ce moment là que l’histoire commence.

b) Amour comme réponse à l’existence humaine

Fromm estime que le besoin intime de l’homme est de surmonter sa propre solitude et qu’il a toujours cherché à dépasser sa vie individuelle dans l’unicité mais l’auteur nous met en garde contre deux formes imparfaites d’amour qu’il nomme « les unions symbiotiques. »

L’une est passive ou « masochiste » l’individu cherche à éviter son isolement en étant absorbé par un autre.

Il échange son indépendance contre sa sécurité. Impossible de ne pas faire référence à un homme « needy » qui se mettrait en couple.

Inconsciemment il fera tout pour plaire à son amour sans jamais questionner ses propres limites et car son besoin d’amour lui paraît comblé.

L’autre est active ou « sadique » l’individu cherche aussi à échapper à sa solitude mais cette fois-ci en soumettant l’autre.

C’est l’envers de la pièce, en gros c’est le « Jerk », le « connard ». Lui-même ayant souvent souffert il va chercher à faire réagir l’autre par tous les moyens pour accroître son emprise.

Le masochiste subit alors que le sadique « exploite » mais les deux restent dans un état d’interdépendance limitante.

À ces deux aspects incomplets de l’amour s’oppose « l’amour accompli » qui préserve « l’intégrité » et « l’individualité. ».

Il est un pouvoir actif dans lequel l’Homme est libre et maître de son sentiment, comme le dit Fromm, il est un « prendre part à » plutôt qu’un « se laisser prendre.»

c) Elément de manifestation de l’amour accompli

1) Le don.

Cette idée de l’amour « accompli » est fondée sur le don.

Ce dernier émanant de notre vitalité, de notre pouvoir, de notre puissance.

Le don est conçu comme dépassement du caractère mercantile qui attend en échange et qui le considère comme un sacrifice, comme une perte.

Il est un signe de richesse, un acte pur et libre synonyme d’une générosité mature et profonde. En bref, le don sincère n’attend pas de retour, il ne compte pas.

Ce don ne concerne pas seulement les choses matérielles, il concerne aussi l’humain c’est-à-dire notre capacité à donner ce qu’il y’a en nous : notre temps, notre intérêt, notre joie, notre savoir etc.. Il s’agit d’un moyen de nourrir, d’enrichir l’autre.
Nous comprenons qu’être capable d’un « amour accompli » n’est possible que si nous avons atteint la maturité émotionnelle proportionnelle.

Il est nécessaire d’avoir acquis une connaissance de soi, de ses désirs, de ses possibilités, bref une indépendance permettant de vaincre la peur de donner et donc d’aimer.

Outre le don, l’amour se manifeste toujours certains éléments fondamentaux :
« La sollicitude », « la responsabilité », « le respect » et la « connaissance. »

2) La sollicitude.

La sollicitude doit être considérée comme notre souci actif pour le bien-être de quelqu’un, notre volonté de lui apporter les soins nécessaires à son épanouissement.

Erich Fromm utilise à ce propos une formule très juste : « L’amour est une sollicitude active pour la vie et la croissance de quelqu’un. ».

Pour illustrer cette idée imaginons une personne qui nous dit aimer les chiens comme personne.

Mais au fur et à mesure nous constatons qu’elle oublie des les nourrir, de les sortir, de les caresser…

Penserions-nous toujours qu’elle aime les chiens ? Probablement pas…

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3) La responsabilité.

Outre le don et la sollicitude, il faut également ajouter la responsabilité à la liste des qualités requises.

Si nous associons communément la responsabilité au devoir, il faut comprendre que pour l’auteur, être responsable signifie « être capable de répondre aux besoins d’autrui et être prêt à le faire. »

En d’autres termes il s’agit de notre faculté à satisfaire les besoins physiques et psychiques d’autrui.

Prenons des parents avec leur bébé, l’une de leurs inquiétudes principales est d’abord de comprendre leur enfant qui ne « parle » pas pour être en mesure de lui apporter ce dont il a besoin.

4) Le respect.

Pour compenser un sentiment de responsabilité qui pourrait se transformer en « domination » ou en « possessivité », il est sage d’y incorporer la notion de respect.

Le respect consiste en notre capacité à comprendre que l’autre puisse se développer à partir de sa propre intériorité.

Si nous gardons l’image des parents nous pouvons penser à ces moments où l’enfant joue seul mais à côté de figures rassurantes.

Il peut ainsi librement développer sa propre indépendance et sa propre créativité.

5) La connaissance.

La connaissance se définit par la possibilité de dépasser le souci de nous-même et de percevoir autrui tel qu’il est.

Autrement dit, il s’agit de notre « empathie » de notre capacité à nous décentrer et nous mettre à la place d’autrui.

Admettons que sur l’énervement vous ayez prononcé des mots trop forts à l’encontre de votre bien-aimée, et bien c’est votre capacité d’empathie qui vous alerte et vous fait prendre conscience de votre excès de violence.

C’est parce que vous avez été capable de vous mettre à sa place que vous comprenez que vous avez été trop loin.

« La sollicitude, la responsabilité, le respect et la connaissance » sont en mutuelle interdépendance.

Ces composantes de l’amour forment un syndrome d’attitudes que l’on rencontre chez la personne mûre. 

C’est-à-dire chez la personne qui fait fructifier ses virtualités propres, qui ne désire avoir que ce pour quoi elle a travaillé, qui connaît ses envies et ses limites propres.

II) L’amour et sa désintégration dans la société occidentale contemporaine

a) Formes de désintégration de l’amour accompli.

1) Amour comme travail d’équipe.

La culture, le monde dans lequel nous vivons a un impact sur notre caractère, sur notre façon d’être et ainsi sur notre capacité à aimer.

Selon Fromm la structure du monde capitaliste propose des contrefaçons d’amour qui sont autant de manière de détruire l’émergence d’un « amour accompli ».

Le capitalisme produit des hommes transformés en marchandise dont le caractère est fondé sur les idées d’échanges, d’acquisition, de consommation rendant les relations avec autrui impossibles.

Impossible ou du moins limitées à une relation « d’équipe » dans laquelle on ne peut qu’échanger son « paquet de personnalité » avec l’espoir de conclure un marché gagnant/gagnant avec autrui.

Dans cette perspective l’amour n’est qu’un refuge pour se protéger de la solitude.

Cette forme de relation est qualifiée par Sullivan, « d’égoïsme à deux », il s’agit pour lui d’un rassemblement d’intérêts partagés permettant de lutter contre un monde hostile.

L’exemple actuel le plus frappant est le couple Frank Underwood / Claire Underwood qui dans les premières saisons de la série agit comme un véritable noyau capable de résister aux frasques de l’un ou de l’autre et de permettre à chacun de réaliser leurs ambitions.

2) Amour comme satisfaction sexuelle.

L’autre forme de désintégration de l’amour dans la société capitaliste est caractérisée par l’idée selon laquelle l’amour serait engendré à partir du moment où les partenaires seraient capables de se satisfaire mutuellement sur le plan sexuel.

L’amour serait ainsi construit et maintenu par l’utilisation et la pratique de techniques sexuelles précises pour faire l’amour.

Pour Fromm, cet énoncé comporte plusieurs erreurs, la première étant que les inhibitions qui empêchent de s’abandonner sexuellement, ne sont pas dues à une méconnaissance technique mais plutôt à une impossibilité de s’affranchir de la peur ou de la haine de l’autre sexe.


La deuxième concerne la confusion qui règne entre amour et désir sexuel entraînant l’homme à croire qu’il aime dès lors qu’il désire physiquement autrui.

Or le désir peut être animé par des motifs moins nobles tels que l’angoisse, la solitude, l’espoir de conquérir, la vanité ou encore la destruction.

Le personnage type du Dom Juan en est la figure la plus évocatrice et la plus célèbre.

À ces deux formes « normales » de la désintégration de l’amour dans la société occidentale contemporaine s’ajoute d’autres formes pathologiques que Fromm appelle des « amours névrotiques ».

b) Formes névrotiques de l’amour

L’amour névrotique est lié au fait qu’une personne est restée accrochée à une figure parentale dont elle n’arrive pas à se détacher et qui par conséquent transfère sur la personne aimée ses craintes, ses attentes et ses sentiments infantiles.

1) Quand l’homme est attaché à la figure maternelle

Ces derniers cherchent la protection, l’amour, la chaleur, la sollicitude, et l’admiration.

Ils sont en quête d’une forme d’amour inconditionnel qui est donnée pour la simple raison qu’ils existent.

Pour eux si l’attitude de leur amante s’écarte de ce qu’ils peuvent attendre d’une mère aimante vis-à-vis d’un « enfant charmant » alors ils accusent cette dernière d’être égoïste, de pas leur donner l’amour dont ils estiment avoir le droit.

2) Quand l’attachement principal reste centré sur le père.

Ces derniers considèrent l’autre avec une forme de sollicitude paternelle, de léger mépris que l’on ressent pour son fils ou sa fille.

Dans la mesure où le père cristallise l’affection, l’autre sent qu’il doit se contenter d’une place marginale dans la vie de ce dernier.

3) L’amour idolâtre.

La forme de l’amour comme on le décrit dans les comédies romantiques et les romans à l’eau de rose.

Le fameux « grand amour » n’est pour l’auteur que l’image d’une « folie à deux ».

Lorsqu’une personne n’a pas acquis une définition précise de son moi, de ses désirs et de ses possibilités, il tend à idolâtrer l’objet de son amour.

Ainsi, elle se défait d’elle-même et se noie dans l’être aimé plutôt que de s’affirmer.

Elle troque son indépendance contre la sécurité apportée par l’être idéal aimé.

Nous pouvons retrouver ici une forme d’amour « masochiste » dont nous avons parlé plus haut.

4) L’amour comme absence de conflit.

Nous avons coutume de croire que l’amour entre deux personnes se définit par l’absence de disputes.

Nous entendons souvent dire « C’est génial, on ne se dispute jamais », le conflit est ici associé aux idées de colère, de tristesse et de violence.

En revanche pour Fromm il est nécessaire de distinguer deux types de conflits.

Les premiers ne sont que des tentatives superficielles d’éviter les véritables conflits, ils ne se focalisent que sur des éléments mineurs et ne conduisent jamais à une solution.

Les seconds, que l’auteur appelle « conflits réels » sont vécus au niveau profond de nos réalités internes et permettent des clarifications.

III) Pratique de l’amour.

Il s’agit ici pour nous de montrer comment se réalise concrètement l’art d’aimer selon Fromm. De laisser la théorie et nous intéresser à la pratique réelle de l’amour.

Comme tout art, l’amour requiert de la discipline, de la concentration, de la patience et enfin de la volonté.

La discipline peut se définir sommairement comme la capacité à se donner des règles et doit être venir de l’intérieur et non comme s’imposant du dehors.

La concentration, étape difficile à maîtriser dans notre époque de divertissement, consiste en notre aptitude à rester seul avec nous-mêmes.

C’est l’une des conditions nécessaires à l’amour accompli car dans le cas contraire, nous avons tendance à considérer l’autre comme un sauveur, comme une béquille pour nous aider à marcher.

Conclusion.

L’amour est cette expérience centrale, intérieure et vivante dans laquelle l’homme peut dépasser sa solitude et trouver sa place dans le monde.

Malheureusement, pour Fromm, nos activités humaines sont toujours subordonnées par des principes économiques, mercantiles et utilitaires qui détournent l’homme de la réalisation de cette expérience.

L’homme moderne a oublié l’art d’aimer, et s’est perdu dans des formes dégradées, incomplètes, imparfaites de relations.

Selon lui, l’amour se serait même effacé sous l’effet des conditions sociales de notre société et ce serait à nous, lecteurs et amants, de tenter de lui offrir les conditions nécessaires pour qu’il émerge à nouveau dans nos vies.

FROMM, Erich, L’art d’aimer, Pocket, 2016, 181p.

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3 Commentaires

3 Comments

  1. AL

    24 novembre, 2017 à 10:07

    Excellent article. Il faut que je me penche sur ce livre.

  2. Tywin le Sargeur

    24 novembre, 2017 à 21:03

    Super article! J’ai rompu il y a pas longtemps, et même si ça fait encore un peu mal, les idées de Erich fromm m’aide à comprendre les erreurs que j’ai commis et celles de mon ex.
    Un grand merci à cet homme

    • Sylvain

      27 novembre, 2017 à 11:40

      C’est toujours bien de réussir à prendre le recul necessaire pour passer le cap :)

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